Dans beaucoup de PME, un simple tableur finit par devenir un outil essentiel.

Il calcule les prix. Prépare les offres. Suit la trésorerie. Planifie les équipes. Calcule les commissions. Consolide les commandes.

Personne ne l’a officiellement désigné comme « système critique ». Il l’est devenu avec le temps.

Le problème apparaît lors d’une transmission :

Que se passe-t-il si le fichier ne fonctionne plus comme prévu ?

Quelle est la bonne version ? D’où viennent les données ? Que font réellement les formules ? Certaines cellules sont-elles modifiées manuellement ? Existe-t-il une documentation ? Peut-on reconstruire le calcul autrement ?

Une enquête menée auprès de 161 utilisateurs de tableurs montre un paradoxe intéressant : les répondants considéraient les tableurs comme très importants pour leur travail, tout en évaluant relativement peu les risques liés aux erreurs, à la sécurité, au contrôle des versions ou à la perte de données.

Dans beaucoup d’organisations étudiées, il n’existait pas non plus de stratégie formalisée de gestion de ce risque.

Le sujet n’est pas Excel. Le sujet est la dépendance.

Lors d’une transmission, la lecture peut être très simple :

Fonction vitale → tableur → données → logique de calcul → version maîtrisée → solution de secours.

Un tableur n’est évidemment pas une dette de transmission. Mais lorsqu’une capacité essentielle repose sur un fichier difficile à comprendre, à vérifier ou à remplacer, une dépendance importante peut rester invisible au repreneur.

Et cette dépendance peut contribuer à la dette de transmission et fragiliser la continuité.

La question n’est donc pas : « Avons-nous récupéré les fichiers ? » Mais : « Pouvons-nous encore faire ce qu’ils permettaient de faire ? »

Référence académique
Raković, L., Sakal, M., Dakić, S. & Đurković, J. (2022). Spreadsheets: risk from the shadow. International Journal of Business Information Systems, 41(1), 1–19.
https://doi.org/10.1504/IJBIS.2022.126027


Publié initialement sur LinkedIn le 21.09.2026.