Une PME ne dépend pas uniquement de ses collaborateurs, de ses machines ou de ses logiciels.

Elle dépend aussi de ce qui les fait fonctionner.

Électricité. Connexion. Air comprimé. Froid. Eau. Accès logistique. Locaux spécialement aménagés.

Tant que ces ressources sont disponibles, elles deviennent presque invisibles.

Mais lors d’une transmission, une question mérite d’être posée :

Quelle fonction essentielle s’arrêterait si l’une de ces ressources disparaissait ?

Une recherche publiée dans Management Science a suivi 646 petites entreprises, interrogées à quatre reprises.

Les chercheurs ont notamment étudié les interruptions opérationnelles liées à la pénurie de ressources critiques, comme les stocks ou l’électricité. Les perturbations ont eu un effet significatif sur les performances.

Mais un autre résultat est particulièrement intéressant : les entreprises disposant de redondances de ressources — par exemple un stock de sécurité ou une alimentation électrique de secours — pouvaient mieux absorber certaines interruptions.

Cela ne signifie pas qu’il faut tout doubler. Cela signifie qu’une dépendance critique doit être identifiée avant de pouvoir être réellement protégée.

Lors d’une transmission, la lecture pourrait donc être :

Fonction vitale → infrastructure indispensable → durée tolérable d’arrêt → alternative → délai de reprise.

Une dépendance à l’électricité ou à un site particulier n’est pas, à elle seule, une dette de transmission. Mais lorsqu’une entreprise change de mains sans que cette dépendance ait été comprise, documentée et préparée, elle peut aggraver les vulnérabilités déjà présentes.

Préparer la continuité, c’est aussi rendre visible ce que l’entreprise ne peut pas se permettre de perdre.

Référence académique
Kundu, A., Anderson, S. J. & Ramdas, K. (2024). Disruptions, Redundancy Strategies, and Performance of Small Firms: Evidence from Uganda. Management Science, 70(12), 8265–8283.
https://doi.org/10.1287/mnsc.2023.4978


Publié initialement sur LinkedIn le 20.09.2026.