Pour cet entrepreneur romand, devenir indépendant n’a jamais été un objectif de carrière.
C’était une évidence.
Très tôt, il comprend qu’il préfère construire plutôt qu’exécuter, décider plutôt que subir. L’indépendance représente pour lui bien plus qu’un statut professionnel : c’est une responsabilité et une liberté qu’il revendique encore aujourd’hui.
Au cours de son parcours, il développe une conviction simple : une PME vit grâce à sa capacité à vendre.
« Dans une PME, ce qui compte, c’est de vendre. Et ensuite de vendre encore. »
Cette vision du terrain va être mise à l’épreuve lorsqu’il décide de reprendre une entreprise en difficulté.
Alors que beaucoup considèrent l’affaire comme perdue, il voit une opportunité de préserver une activité, des emplois et un savoir-faire.
La reprise est complexe. Il faut négocier avec les différents acteurs concernés, rassurer les fournisseurs, reprendre les engagements prioritaires et relancer rapidement l’activité.
« Quand on reprend une entreprise, on ne reprend pas seulement des machines ou des contrats. On reprend aussi des responsabilités. »
Grâce à un important travail de négociation et de restructuration, l’entreprise retrouve progressivement son équilibre.
Cette expérience lui laisse toutefois une conviction profonde : beaucoup de repreneurs découvrent trop tard la réalité d’une transmission.
Au fil des années, il a observé de nombreuses entreprises mises en vente ou confrontées à des difficultés.
Certaines affichent un chiffre d’affaires attractif. Pourtant, derrière ces chiffres peuvent se cacher des équipements vieillissants, des marges insuffisantes, des dettes accumulées ou une dépendance excessive au dirigeant.
« Beaucoup regardent le potentiel. Peu regardent les risques. »
Il constate également que de nombreux jeunes entrepreneurs abordent une reprise avec enthousiasme mais sans toujours disposer des connaissances nécessaires pour analyser un bilan, négocier une acquisition ou anticiper les coûts cachés.
Pour lui, cette situation n’est pas une fatalité.
Il est convaincu que l’esprit d’entreprise peut s’apprendre.
Comprendre les mécanismes financiers, développer une activité commerciale, gérer une trésorerie ou négocier avec des partenaires devrait faire partie du bagage de tout futur dirigeant.
« Nous formons d’excellents professionnels. Nous devrions aussi former davantage d’entrepreneurs. »
Aujourd’hui, il réfléchit également à l’avenir de sa propre entreprise.
Son objectif est de construire une organisation capable de poursuivre son développement sans dépendre exclusivement de lui.
Pour lui, la transmission ne commence pas lorsqu’un dirigeant décide de vendre.
Elle commence lorsqu’il prépare son entreprise à continuer sans lui.
« Préparer sa transmission, ce n’est pas préparer son départ. C’est préparer l’avenir de son entreprise. »
Ce que nous apprenons à travers ce témoignage
- Une reprise d’entreprise ne se résume jamais à un prix d’achat.
- Le chiffre d’affaires ne suffit pas à évaluer la santé d’une entreprise.
- Être entrepreneur demande bien plus qu’une expertise métier.
- Les futurs repreneurs gagneraient à être mieux préparés aux réalités d’une reprise.
- Une entreprise durable est une entreprise capable de continuer sans dépendre d’une seule personne.
- Préparer sa transmission, c’est avant tout préparer la continuité de son entreprise.